When Harry met Voldy

coupleniais

« Harry’s eyes widened as he watched the wizard touch himself. A shiver ran through him; no, he would *not* let himself be aroused by Voldemort. He pulled fruitlessly against his bindings, shaking his head, thinking of anything but how sexy the dark wizard looked, and how many times he’d dreamed of an older man taking him, showing him everything… against his will, he lost the battle with his body as Voldemort touched his cock. Harry blushed even more as he started to get hard.” Broken Innocence, Jade.

Le plaisir du roman, et de la fiction en général, est indissociable de l’apprentissage de la frustration. Lorsque, par exemple, Rhett Butler prit congé de Scarlett sur une cinglante réplique (« oh, mon chéri, si tu t’en va, qu’est-ce que je vais pouvoir faire ? » « ça, ma chère, je m’en fiche totalement.»), après trois lourds volumes de guerre de sécession, ce fut un drame. Un sentiment de vide inouï glaça le cœur de nombreux lecteurs des jours durant. Après Titanic, des scientifiques se réunirent pour prouver qu’il était possible de faire tenir deux corps d’adultes sur une porte d’armoire. Conan Doyle, tentant de se débarrasser d’un Sherlock Holmes devenu écrasant, dû se résoudre, sous la pression des lettres d’injures de ses lecteurs, à le ressusciter. Prisonniers de la narration, mais aussi libres de pouvoir imaginer ce qu’il pourrait se passer, ou ce qui aurait dû se passer -à notre humble avis- ; nous n’avons guère d’autres choix que de faire le pied de grue devant la porte de l’écrivain, ou de se résoudre tristement à la mort de Fred Weasley.

Et sinon… il y la fanfiction ! Ou plus précisément, la fanfiction romantique, parfois érotique, véritable remède à la frustration fictionnelle.

                Une fanfiction, c’est la poursuite d’un récit (en livre, un film, une BD…), ou l’écriture de son prologue. Parfois, la fanfiction prend ses libertés, et, se contentant seulement de conserver le cadre de la narration et/ou les personnages, nous plonge dans un univers radicalement différent de celui de l’auteur. Fifty shades of Gray, par exemple, est à l’origine une fanfiction de Twilight avec deux trois éléments de fesses qu’il semblait manquer au roman initial. Les auteurs de fanfictions romantiques peuvent ainsi se réapproprier une œuvre, pour la diriger vers la fin espérée (et fantasmée). Ils peuvent en gommer les aspérités (Rhett va brusquement décider qu’en vérité, tiens ? En fait, Il aime toujours Scarlett !) ou changer les orientations sexuelles des personnages (Voldemort et Harry peuvent, visiblement, surmonter tous les éléments logiques du roman qui semblaient exclure leur attirance mutuelle)… Largement démocratisée, la fanfiction s’est rapidement répandue sur internet.  Certaines d’entre elles sont même devenues des succès de librairies en vendant leurs droits d’auteurs. Pourtant, une fois le seum comblé, Roméo et Juliette réunis, Harry possédant un peu plus qu’une parcelle de l’âme de Voldemort, un problème reste irrésoluble.

Et bien on s’ennuie.

                En ayant soigneusement retiré, de manière presque chirurgicale, tout ce qui pouvait bien nous transpercer, nous enfoncer dans un profond chagrin, nous tordre de plaisir, il ne reste plus grand-chose. Si Heathcliff fait cent fois l’amour à Kathy, qu’y gagne-t-on ?  La sexualité et les happy ends épuisent souvent les fanfictions romantiques. L’étrange apaisement qu’on peut y trouver (Sherlock Holmes et Watson enfin réunis), cède rapidement le pas à une lassitude froide. Si s’insinuer dans la chambre de Roméo et Juliette le soir de leur nuit de noces peut provoquer un certain plaisir, c’est au détriment de la plus grande jouissance de les y laisser seuls. Si nous découvrions ce qu’il s’était passé après le mariage d’Elizabeth Bennet Et Darcy, non seulement nous serions horrifiés, mais cela serait terriblement ennuyeux.

                Pour autant, les fanfictions doivent aussi être reconnues pour leurs qualités indéniables. Certains auteurs, en s’appropriant totalement l’univers de l’auteur, l’agrandissent pour en faire le foyer d’autres nombreuses histoires (comme, notamment, l’univers étendu de Star Wars). C’est aussi le seul moyen pour de nombreux amoureux de littérature, de films, de BD etc. de retrouver des mondes qui se sont clos avec leurs dernières pages.

Malheureusement, les seules fanfictions qui rencontrent assez de succès pour vendre leurs droits, sont bien souvent des romans érotiques où le récit fait figure de prétexte entre deux scènes faussement transgressives (Fifty shades of gray et After, où le héros n’est autre que Harry Styles, chanteur des one direction, avec plein de tatouages et de piercings, et l’héroïne une blondinette magnifique et, naturellement, vierge.) Cependant, si vous passez outre ces vitrines grossières, certaines fanfictions vous permettront d’agrémenter les univers fictionnels chéris, trop vite quittés.

 Et le tout, sans prétention.

Alesklar

Une réflexion sur “When Harry met Voldy

  1. Vive la fanfiction !!
    Ce que tu ne mentionnes pas ce sont les fanfictions qui sont extrêmement sombre, où les happy end ne sont pas au rendez vous. Les fanfictions c’est autant la possibilité d’assouvir des fantasmes sur des histoires d’amour, de cul, que des penchants plus glauques, transgressif. La fanfiction aime grossir le trait grâce à son aspect diégétique près-existant : pas la peine que ce soit crédible, puisque on a l’assurance de pouvoir retrouver l’histoire-source (plausible et politiquement, le plus souvent, correcte) en rouvrant le bouquin.

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